(corrige le nom de l'avocat de J&J au paragraphe 7)
NORMAN, Oklahoma, 28 mai (Reuters) - Le géant de la santé
Johnson & Johnson JNJ.N (J&J) a usé de méthodes commerciales
trompeuses pour favoriser les prescriptions de médicaments
antidouleur, contribuant ainsi à la surconsommation d'opioïdes
aux Etats-Unis, ont plaidé les représentants de l'Oklahoma mardi
à l'ouverture du premier procès lié aux plaintes visant le rôle
des laboratoires dans cette crise de santé publique.
Le ministre de la Justice de l'Etat, Mike Hunter, à
l'origine de ce dossier dont l'enjeu financier se chiffre en
milliards de dollars, a estimé lors de l'audience tenue dans la
ville de Norman que J&J devait être condamné à payer pour
résoudre ce qu'il a présenté comme "la pire crise de santé
publique due à l'homme dans l'histoire de notre Etat".
Le procès de Norman est le premier marquant l'aboutissement
de l'une des quelque 2.000 procédures judiciaires engagées par
des Etats ou des collectivités locales aux Etats-Unis contre des
entreprises pharmaceutiques mises en cause dans la crise des
opioïdes. Selon le Center for Disease Control and Prevention,
une agence fédérale, ces molécules de synthèse ont été à
l'origine de 47.600 morts par surdose en 2017.
Avant le procès, l'Oklahoma a conclu des accords amiables
avec la société Purdue Pharma, qui fabrique l'OxyContin, l'un
des plus connus des antidouleur mis en cause, pour 270 millions
de dollars (242 millions d'euros) et avec Teva Pharmaceutical
Industries TEVA.TA pour 85 millions de dollars. J&J est ainsi
le seul laboratoire à comparaître à Norman.
PRÈS DE 2.000 PLAINTES EN ATTENTE
Brad Beckworth, avocat de l'Etat, a reproché au groupe
pharmaceutique d'avoir, comme Purdue et Teva, recouru à des
pratiques commerciales trompeuses depuis les années 1990 afin
d'inciter les médecins à prescrire des opioïdes.
Selon lui, J&J, pour promouvoir le Duragesic et le Nucynta,
les a présentés comme "sûrs et efficaces contre les douleurs du
quotidien" tout en minimisant les risques d'addiction.
Le défenseur de J&J, Larry Ottaway, a argué du fait que les
produits du groupe ne représentaient qu'une faible part des
opioïdes prescrits dans l'Oklahoma et que les avertissements de
la Food and Drug Administration (FDA), l'autorité américaine du
médicament, sur les risques d'addiction figuraient bien sur les
emballages.
"Il faut étudier les détails car les faits sont têtus",
a-t-il ajouté.
Il a estimé que l'Oklahoma cherchait à étendre la
qualification d'atteinte à l'ordre public dans le but de
contraindre J&J à payer jusqu'à 17,5 milliards de dollars pour
financer la lutte contre l'épidémie au cours des 30 prochaines
années.
Le procès est suivi de près par les plaignants dans d'autres
dossiers, à commencer par les quelque 1.850 plaintes regroupées
par un juge fédéral de l'Ohio qui cherche à obtenir un accord
amiable avant la tenue d'un procès, prévue pour octobre.
Certains avocats ont comparé ces dossiers aux poursuites
d'Etats américains contre le secteur du tabac, qui avaient
abouti en 1998 à un accord amiable de 246 milliards de dollars.
(Ben Fenwick;
Marc Angrand pour le service français)
USA-Johnson & Johnson attaqué au premier procès des opioïdes
information fournie par Reuters 29/05/2019 à 02:56
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